Réponse à l’éditorial de André Pratte du 9 mai 2013

Étant étudiant, syndicaliste et solidaire, j’ai, comme beaucoup d’autres Québécois qui partagent mes valeurs, porté le carré rouge et appuyé la lutte des étudiants pour la gratuité scolaire. Travaillant au quotidien pour l’amélioration du système de santé du Québec, j’ai été particulièrement insulté par le fait que vous insinuez dans votre chronique du 9 mai que les « carrés rouges » ne se soucient pas de la situation préoccupante de nos urgences, nos CHSLD et des conditions de vie de nos aînés.

Je travaille plus qu’à temps plein pour promouvoir des solutions qui augmenteraient l’efficacité de notre système de santé. D’abord, Pharma-Québec, qui permettrait d’économiser des milliards de $ qu’on pourrait investir dans les soins plutôt que dans les profits des pharmaceutiques. Ensuite, la reconnaissance des diplômes des immigrants. Aussi, l’amélioration de l’organisation du travail et des conditions de travail de ceux et celles qui aident, au quotidien, dans le réseau de la santé. Je me bats même pour la gratuité scolaire qui permettrait de former plus de jeunes pour combler les postes vacants dans les titres d’emplois en pénurie du système de la santé et pour la bonification des régimes de retraite publics qui permettraient aux aînés de ne pas vivre dans la pauvreté.

Mais ce n’est pas tout, je lutte aussi activement contre les fausses solutions imposées par certains idéologues (dont vous faites régulièrement la promotion) comme les projets d’optimisation à la ProAction (plusieurs manifestations ont été faites. Je vous invite aussi à signer la pétition sur le site de l’assemblée nationale), les projets en PPP, les privatisations et la sous-traitance (plus coûteux et de moindre qualité).

Je travaille à rendre la job des intervenants du système de santé plus attirante et essaie de convaincre les directions d’établissements et les politiciens de les laisser soigner et aider les gens plutôt que de leur faire faire des statistiques.

Malheureusement, quand on lutte contre des projets ou des politiques qui détériorent le réseau de la santé ou quand on fait la promotion d’initiatives qui améliorerait notre système de santé, on ne voit pas votre appui ou votre présence. Où sont alors vos beaux principes? Où est alors votre appel à l’action? Où est alors votre lutte pour les conditions de vie de nos aînées? Malheureusement, sauf pour instrumentaliser les personnes âgées afin d’attaquer démagogiquement les « carrés rouges », vous ne semblez pas vous soucier beaucoup de leur sort…

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Le 6 novembre dernier, le ministre Bernard Drainville présentait son projet de loi 2 visant à limiter les dons aux partis politiques à 100$. En plus de limiter les dons à 100$, le projet de loi 2 augmente le montant de la rente à laquelle les partis politiques ont droit en fonction de leur résultat lors de la dernière élection générale. Qu’on s’entende, je trouve que le projet de loi 2 est très intéressant et devrait permettre de limiter les scandales dont on est témoin presque chaque jour à la commission Charbonneau. Par contre, à mon avis, il comporte des trous importants.

D’abord, on a vu que la problématique du financement illégal des partis politiques était en bonne partie en-dehors des livres officiels que les partis politiques transmettent au DGEQ. Les firmes d’avocats, de construction, de génie-conseil ou autres qui font des dons dans des enveloppes brunes ne les déclarent pas au DGEQ, changer la limite de don au DGEQ ne devrait donc pas avoir d’influence sur ce financement illégal. Malheureusement, il n’existe pas de solution miracle pour régler ce problème. Il faut une fonction publique forte et indépendante des pouvoirs politiques et plusieurs instances de vérifications (parce que les fonctionnaires sont aussi parfois corrompus). Ensuite, il faut globalement lutter contre la culture de la cupidité et le culte de l’argent (ce qui est évidement plus facile à dire qu’à faire).

Ensuite, et c’est là le plus grave à mon avis, le projet de loi nuit au développement de nouveaux partis politiques. Si le financement des partis politiques dépend principalement de la rente du DGEQ déterminée en fonction des résultats de la dernière élection, comme le propose le projet de loi 2, les nouveaux partis politiques vont se voir refuser la majorité du financement pour leur 1ere campagne électorale. Ainsi, un nouveau parti politique prendra beaucoup plus de temps avant d’en arriver à avoir les mêmes ressources que les partis politiques établis. Le danger est donc de créer un groupe de partis installés qu’il serait, en pratique, impossible de remplacer. Il serait ensuite facile pour les corrupteur de s’organiser pour avoir des entrées dans les différents partis politiques, surtout que le PL 2 permet de fair eun don d’un maximum de 100$ à CHAQUE parti politique constitué.

Ainsi, pour pouvoir mener leur première élection sérieusement, un parti politique n’aurait d’autres choix que d’emprunter à des individus ou à des banques. Les prêts d’individus à des partis politiques n’ont pas de limite. Les banques demandent aux partis politiques d’avoir des endosseurs afin de leur prêter (encore ici, aucune limite n’est prévue à la loi). Ainsi, les nouvelles formations politiques seraient forcé de vivre à crédit et, donc, d’être vulnérable à l’influence de ces créditeurs.

Il serait donc important pour le ministre Drainville de prévoir dans son projet de loi une allocation donné par le DGEQ au moment de la fondation d’un parti politique ou à sa première élection. Il serait aussi possible d’établir une rente minimale à tous les partis politiques. Cette rente devrait pouvoir combler les besoins organisationnels de base d’un parti (quitte à rendre les critères pour la fondation et le maintien de l’accréditation comme parti plus restrictifs). Finalement, il serait pertinent que les partis politiques puissent avoir accès à du crédit auprès du DGEQ. Cette dernière mesure permettrait, d’une part d’enrichir le DGEQ plutôt que des banques ou des particuliers (ces revenus du DGEQ pourraient financer une partie de la rente aux partis politiques ou être redistribuer aux partis sous forme de ristourne) et, d’autre part, d’éviter que des individus ou des banques acquièrent le droit de vie ou de mort sur des partis politiques (on peut penser ici aux endosseurs du prêts de l’ADQ qui ont menacé de retirer leur endossement si l’ADQ ne fusionnait pas avec la CAQ, ce qui aurait causé la faillite de l’ADQ).

En espérant que ces suggestions puissent être reprises par les parlementaires et améliorer notre démocratie.

Je pense qu’on n’a jamais autant parlé d’impôt en dehors du mois de mars que cette année. J’avoue en être très heureux. La fiscalité est quelque chose de fondamentale dans une société parce qu’elle détermine qu’elle part de richesse nous demandons à chaque individu pour contribuer au bien-être de la collectivité.

La fiscalité regroupe beaucoup de choses. D’abord l’impôt, qui est la part de revenu qu’on donne à la collectivité. Ensuite, les taxes et cotisations, qui représentent la part de dépense ou de richesse qu’on donne à la collectivité. Finalement, les tarifs, qui sont la part des services publics qu’on se refuse collectivement de financer par les impôts ou les taxes. Je ne vous expliquerai pas ici les détails du système fiscal parce qu’on en finirait plus. Je vais plutôt analyser l’impact des changements fiscaux proposés par le gouvernement Marois pour deux personnes : François Legault et Pauline Marois.

François Legault

Durant la campagne électorale, François Legault a rendu public son rapport d’impôt 2011. On y apprend qu’il a gagné 165 318,24$ (ligne 199), il est donc dans les 1,5% les plus riches de la population québécoise (ou dans les 120 000 plus riches québécois). Il a payé 20 838,60$ en impôts et cotisations au gouvernement du Québec en 2011 (ligne 450). Ça lui fait donc un taux d’imposition provincial de 12,6%. Selon les discours de la CAQ et du PLQ, François Legault est une personne surtaxée et surimposée.

Maintenant, les changements sur l’impôt proposés par le gouvernement Marois ferait en sorte que François Legault paierait 4% de plus de ses revenus imposables (à la ligne 299 : 163 277.06$) excédants 130 000$ en impôts. Ça représente donc une somme de 1 331.08$ d’impôts supplémentaires à payer. François Legault va évidemment économiser la taxe santé de 200$ et aussi celle de sa femme, Isabelle Brais qui, on l’apprend à la ligne 51, n’a pas eu de revenus (mais doit tout de même payer 200$ en taxe santé). L’augmentation de la facture fiscale de François Legault serait donc de 931,08$. Avec les changements du gouvernement Marois, François Legault paierait 21 769,68$ d’impôts, soit 13.16% de ses revenus. Comme dirait Raymond Bachand, c’est complètement inconscient (certains diront inhumain!) d’appauvrir ainsi François Legault de 0.56%! On comprend que François Legault connaisse de « l’angoisse fiscale » à l’idée de 931,08$ de plus de ses 165 318,24$…

Mais, on apprend à la ligne 367 du rapport d’impôt de François Legault qu’il a des enfants à l’université. Selon le montant du crédit d’impôt, il semble en avoir deux. Ainsi, François Legault sauvera 650$ (on présume que c’est lui qui paye les frais puisque c’est lui qui bénéficie du crédit d’impôt) dans la prochaine année s’il a deux enfants à l’université. Au final, François Legault récupèrera 1 050$ des 1 331.08$ d’hausse d’impôt, pour une augmentation réelle d’impôt de 281.08$, soit 0.17% de son revenu… faudrait vraiment lui partir un téléthon…

Pauline Marois

Pauline Marois a aussi rendu public son rapport d’impôt 2011 durant la campagne électorale. On y apprend qu’elle a gagné 156 231,04$ (ligne 199), elle est donc, comme François Legault, dans les 1,5% des Québécois les plus riches. Elle a payé 25 200.02$ en impôts et cotisations (ligne 450) soit 25% de plus que François Legault. Pauline Marois paie donc 16.13% de ses revenus en impôts et cotisations. Elle paie déjà 4 361,42$ d’impôts et cotisations de plus que François Legault (même si celui-ci gagne 9 087,20$ de plus qu’elle) et elle veut payer encore plus d’impôts! Je comprends que François Legault trouve ça incompréhensible…

Maintenant, les changements à l’impôt que Pauline Marois s’imposerait, soit 4% du revenu imposable (141 403,41$ selon la ligne 299) au-delà de 130 000$ représenterait 457.28$ de plus à payer. On enlève le 200$ de taxe santé (son mari, Claude Blanchet, ancien PDG de la caisse de dépôt, a un revenu qui est caché, mais je suis certains qu’il est capable de payer sa taxe santé tout seul) pour Mme Marois. Son augmentation de facture fiscale sera donc de 257.28$. Pauline Marois, avec les changements qu’elle instaure, paiera donc 25 457.30$ en impôts et cotisations, soit 16.29% de ses revenus totaux, un appauvrissement de 0.16% de ses revenus. Après ses changements proposés, Pauline Marois paiera encore 3 687,62$ de plus en impôts et en cotisations que François Legault (pourtant, on entend beaucoup moins la première ministre chiâler sur ces mesures que le chef de la 2e opposition).

D’autres volontaires?

Je vous invite vous aussi à faire cet exercice. D’abord, quel taux d’imposition effectif vous payez. Pour le savoir, aller dans votre déclaration d’impôts (ou votre avis de cotisation de Revenu québec). Prenez le chiffre de la ligne 450, multipliez-le par 100 et divisez le résultat par le chiffre de la ligne 199.

Pour savoir l’impact des mesures proposées par le gouvernement Marois, vous prenez le chiffre de la ligne 299. S’il est au-dessus de 130 000$, vous prenez le chiffre moins 130 000 et vous multipliez le résultat par 0,04. Vous enlevez ensuite la taxe santé de 200$. S’il est au-dessus de 250 000$, vous prenez le chiffre moins 250 000 et vous multipliez le résultat par 0,07. Vous ajoutez à la somme 4 800$ (ce qui représente le 4% d’impôts de plus que vous paierez pour les dollars gagnés entre 130 000$ et 250 000$). Vous enlevez ensuite la taxe santé de 200$. Si vous gagnez moins de 130 000$, vous allez seulement économiser la taxe santé de 200$.

Je vous invite à publier le résultat de votre taux d’imposition effectif, des impacts pour vous des mesures proposées par le gouvernement Marois et de votre taux d’imposition effectif après ces changements dans les commentaires. Aussi, j’invite Raymond Bachand, Joanne Marcotte et tous les autres opposants acharnés aux changements proposés par le gouvernement Marois à m’envoyer une copie de leur rapport d’impôt. Il me fera plaisir de les analyser à leur place (et gratuitement).

Je suis en train de finir ma maîtrise à l’Université de Montréal. Jusqu’ici, je croyais que cette université était une institution au service du savoir où les débats pouvaient se faire de manière démocratique et respectueuse. J’ai appris aujourd’hui que l’Université de Montréal était plutôt dirigée par une bande de larbins au service d’un gouvernement qui n’a plus aucune crédibilité, mais qui continue à s’attaquer aux plus faibles de notre société pour que les plus riches puissent continuer à avoir la vie facile.

Plutôt que d’encourager ses étudiants à avoir de l’initiative et à agir en citoyens responsables en respectant leur volonté de faire la grève exprimée démocratiquement dans leurs assemblées générales, l’Université de Montréal a décider d’intimider ses étudiants pour les contraindre à se taire et à subir les décisions du gouvernement. Dans la même logique que la lettre du ministère de l’éducation ordonnant aux cégeps de poursuivre les cours malgré la grève, l’Université de Montréal vient d’envoyer un courriel à tous ses étudiants leurs disant que leurs grève, le cas échéant, ne seraient pas respectées par l’administration.

Il est aussi scandaleux que des établissements empêchent les étudiants de faire la grève qu’il serait scandaleux que des établissements forcent les étudiants à la faire. Si l’administration de l’Université de Montréal n’était pas composée de lâches, elle viendrait dans les salles de classes et dans les assemblées générales défendre l’idée qu’il faille augmenter le fardeau déjà très lourd des étudiants, pour la majorité pauvres, pour pouvoir payer de généreux bonus au recteur et à son entourage même durant les années déficitaires.

Si Guy Breton, recteur de l’UdeM, avait le moindre courage, il viendrait devant les étudiants pour leur dire qu’ils devront s’endetter sévèrement pendant des années pour pouvoir continuer à lui payer un salaire plus élevé que celui du premier ministre du Canada. Si l’administration de l’UdeM avait un peu de décence, elle expliquerait pourquoi les étudiants devront retarder leur projet d’acheter une maison ou de se partir en entreprise alors que Luc Vinet, ex-recteur de l’UdeM, a reçu un parachute doré de 364 204$ à son départ en 2009.

Malheureusement, l’administration n’a pas le courage des étudiants de l’Université de Montréal qui, malgré les difficultés, les débats et, parfois, les insultes, décident ensemble de défendre un projet de société qui leur tient à coeur en faisant la grève. C’est pourquoi j’avais ça dans ma boîte de courriel ce soir (pour vous dire à quel point ils sont couards, ils n’ont même pas signé le courriel):

DATE : Lundi, 20 février 2012

DESTINATAIRES : Étudiantes et étudiants de l’UdeM

L’UdeM maintient toutes ses activités
Chères étudiantes,
Chers étudiants,

Quelques associations étudiantes de l’Université de Montréal ont demandé dernièrement à leurs membres de ne pas se présenter à leurs cours en réaction à la hausse annoncée des droits de scolarité. Certaines associations ont voté contre le recours au boycottage et un certain nombre d’autres regroupements étudiants se prononceront au cours des prochains jours.

Afin d’éviter toute ambiguïté, nous tenons à préciser que toutes les activités de l’Université de Montréal se poursuivent normalement. Les cours, les évaluations et toutes les activités pédagogiques se donnent comme à l’habitude et au moment prévu, que vos associations aient voté ou non en faveur de la levée des cours. Nous avons demandé à nos enseignants de se présenter en classe et de livrer leur prestation d’enseignement.

Nous communiquerons avec vous au besoin, selon l’évolution de la situation.

Le gouvernement Charest nous annonce qu’il augmentera les frais de scolarité de manière substantielle pour financer l’éducation, même si ça empêchera plusieurs milliers d’étudiants et étudiantes à envisager des études universitaires. Alors que le Québec et le gouvernement du Québec vivront une pénurie de main-d’œuvre importante d’ici 2030, en particulier dans les emplois qualifiés, on peut trouver cette décision questionnable.

Mais le gouvernement Charest nous annonce que ce n’est pas une décision. Il n’a pas le choix financièrement. Vraiment? Pourtant, une étude du 23 janvier dernier nous apprenait que la gratuité scolaire coûterait au gouvernement, au total, seulement 176 millions de dollars par année. Dans un contexte budgétaire difficile comme celui du gouvernement du Québec, 176 millions peut être une somme importante même si elle ne représente que 0,25% du budget du gouvernement du Québec.

Là où il est difficile de croire que le gouvernement n’a pas le choix, c’est quand on apprend aujourd’hui, dans un éditorial d’André Pratte de la Presse, que l’investissement dans l’empire Quebecor fait par la Caisse de Dépôt et de Placement du Québec en 2000, sous le gouvernement péquiste de Bernard Landry, a créer un manque à gagner de 2,2 milliards de $ en 12 ans dans le bas de laine des Québécois.

2,2 milliards de $ en 12 ans, ça fait un coût de 183 millions de $ par année, soit 6 millions de plus que le coût de la gratuité scolaire. Le PQ a fait à cette époque un choix qui a eu des conséquences pour toute la société: favoriser l’essor de l’empire médiatique Quebecor au détriment du reste de la population.

Depuis ce temps, Quebecor multiplie les démarches pour faire pression sur le gouvernement afin d’influencer les politiques publiques. On peut penser à l’amphithéâtre de Québec, où le gouvernement du Québec et la ville de Québec dépenseront minimalement 200 millions et 183 millions comme on l’apprend ici. On apprenait récemment que ces dépenses pourraient être encore plus élevées.

Le PQ a fait le choix, en 2000, de créer l’empire en le finançant avec la Caisse de Dépôt et de Placement du Québec. Aujourd’hui, le PLQ a fait le choix de continuer de nourrir la bête avec l’argent de nos impôts pour la calmer. Pendant ce temps, les gouvernements augmentent les tarifs, les frais de scolarité et les taxes qui affectent principalement les classes moyenne et défavorisé.

C’est pourquoi j’appuie les étudiants et les étudiantes ainsi que les travailleurs et les travailleuses qui se battent pour que l’argent de nos impôts n’aille pas toujours dans les poches de ceux et celles qui ont des yachts, des jets privés et des domaines. C’est aussi pourquoi j’appuie le seul parti qui, sans équivoque, a fait le choix de société d’appuyer les classes moyenne et défavorisé : Québec solidaire.

Alors que les rumeurs d’élections générales au Québec sont de plus en plus nombreuses et persistantes, un sondage Léger Marketing a été rendu public dans un journal appartenant à un multimillionaire à 45% fonctionnaire de la CDPQ. L’essentiel du sondage est ici.

Les résultats de ce sondage sont CAQ: 33%, PLQ: 27%, PQ: 25%, QS: 9%, PVQ: 3% et Autres: 3% (Option Nationale étant probablement à 1%). Avec une marge d’erreur de 3,1%, la CAQ, le PLQ et le PQ sont pratiquement à égalité statistique.

Selon le modèle que j’ai développé, la composition de l’assemblée nationale (avec l’ancienne carte électorale), serait PQ: 51 députés, CAQ: 36 députés, PLQ: 35 députés, QS: 3 députés. Il y aurait 62 comtés gagnés suite à une lutte serrée, c’est-à-dire avec une marge de moins de 10%. Si le PQ perdait tous les comtés où il n’a qu’une avance de moins de 10%, il aurait 18 députés. Si le PQ gagne tous les comtés où il a moins de 10% de retard, il aurait 77 députés. Avec les chiffres de ce sondage, le PQ gagnerait donc entre 18 et 77 comtés. Pour la CAQ, ça serait entre 19 et 80 comtés. Au PLQ, entre 24 et 56 comtés. À QS, entre 2 et 5 comtés. Avec les chiffres de ce sondage, n’importe qui (PQ, CAQ ou PLQ) pourrait former le gouvernement, minoritaire ou majoritaire (sauf le PLQ qui ne pourrait être que minoritaire).

Pour vous montrer à quel point la volatilité est grande actuellement dans la politique québécoise, selon les chiffres du sondage, mon modèle donne pour Laurier-Dorion QS: 28%, PQ: 25% PLQ:25% et CAQ: 21%. C’est un des comtés les plus serrés du Québec en ce moment avec 7% de différence entre le 1er et le 4e…

Comme on ne connait pas la dynamique de la prochaine campagne électorale, j’ai essayer différents chiffres dans mon modèle pour voir ce que ça donnerait.
Commençons avec les résultats du sondage: Si les résultats finaux sont effectivement CAQ: 33%, PLQ: 27%, PQ: 25% et QS: 9%, la composition de l’assemblée nationale serait CAQ: 53 députés, PLQ: 39 députés, PQ: 29 députés et QS: 4 députés.

Une différence d’un pourcent du vote qui irait de la CAQ au PLQ ou au PQ fera gagner le parti qui monterait d’1%. Les changements à la carte électorale pourraient aussi déterminer qui formera le prochain gouvernement (ce qui démontre à quel point notre système électoral est anti-démocratique).

Pour une des rares fois, si des élections étaient déclenchées, les organisations de chaque parti sur le terrain et les campagnes locales seront particulièrement important, ce qui devrait grandement désavantager la CAQ.

Il faut aussi s’attendre à ce que les attaques entre le PQ, le PLQ et la CAQ soient particulièrement violentes et importantes. Quand les résultats sont serrés comme ça, le moindre scandale peut former un gouvernement. Aussi, attendez-vous à voir Charest, Marois et Legault être particulièrement stressés. Quand les résultats sont serrés comme ça, la moindre pelure de banane peut défaire un gouvernement.

La politique ayant horreur de l’inconnu, la pression sera forte pour qu’un parti se démarque du lot. Il ne serait pas surprenant, dans ces circonstances, de voir des députés changer de parti au déclenchement de l’élection. Les indépendants (Aussant, Beaudoin, Curzi et Lapointe) vont aussi avoir des choix importants à faire s’ils veulent être réélus. Si jamais la situation actuelle avec trois partis à égalité se maintient jusqu’à la fin de l’élection, la situation post-électorale pourrait être aussi très intéressante.

Si la CAQ forme un gouvernement minoritaire, les députés PQ et PLQ tentés actuellement par la CAQ vont-ils faire le saut au gouvernement pour qu’il soit majoritaire. Si c’est plutôt un gouvernement minoritaire du PQ ou du PLQ qui est formé, est-ce que les députés de la CAQ vont transférer du côté du gouvernement? Dans tous les cas, il semble que les opportunistes auront la capacité de décider qui formera le prochain gouvernement. Si jamais il n’y avait pas de party post-électoral de transfuge, combien de temps durera un gouvernement qui aurait pratiquement autant de siège que la 1ere et la 2e opposition?

Sans compter qu’il y a un possibilité d’avoir une égalité électorale où les deux meilleurs partis auraient autant de sièges. Le travail de négociation politique post-électorale serait alors important puisque le lieutenant-gouverneur devra choisir le gouvernement le plus stable pour gouverner le Québec…et ce gouvernement pourrait toujours être remplacé par une coalition des partis d’opposition en attendant de nouvelles élections.

Mais le scénario probable que je trouverais le plus drôle est celui-ci: Imaginons que, durant la campagne, le PQ va chercher 2,2% à la CAQ (le chiffre est arrangé avec le gars des vues, vous allez comprendre pourquoi). Les résultats seraient donc CAQ: 30,8%, PLQ: 27% PQ: 27,2% et QS: 9%), la composition de l’assemblée nationale serait PLQ: 42 députés, PQ: 42 députés, CAQ: 37 députés, QS: 4 députés. Ça serait alors à la CAQ de décider qui formerait le gouvernement. Le PQ et le PLQ négocierait très fort l’appui de la CAQ. Le PQ et le PLQ pourraient aussi prendre une autre stratégie et faire énormément de pression sur les députés de la CAQ pour qu’ils viennent former un gouvernement PQ ou PLQ. La CAQ pourrait alors aller même jusqu’à l’éclatement…

Depuis un an, il y a beaucoup de houle en politique québécoise. Il semble que la scène deviendra encore plus agitée après la prochaine élection. La bonne nouvelle, c’est que chaque vote deviendra important. Chaque citoyen devra donc voter selon son coeur et ses valeurs pour ne pas regretter son vote après l’avoir perdu dans le vote « stratégique ».

De mon côté, je serai heureux de voter encore pour Québec solidaire à la prochaine élection. Si elle a lieu au printemps, je ne m’impliquerai pas beaucoup dans cette élection parce que mon 2e enfant devrait naître le 4 mars prochain. Dans tous les cas, soyez certains que je vais suivre attentivement les prochaines élections et que je partagerai avec vous mes réflexions et mes analyses.

Je ne critique jamais le Bye Bye, mais, souvent, il ne faut pas chercher très loin dans l’actualité pour trouver des idées de sketchs. J’ai donc décidé, pour 2012, de faire une catégorie « Sketch du jour ». Voici le premier:

C’est le 9 janvier 2012, retour au travail pour la cheffe de l’opposition officielle à l’assemblée nationale, Pauline Marois. Elle s’installe dans son bureau.

MAROIS: Bon! 2011 est derrière moi. En 2012: la sainte paix! Mon vote de confiance à la fin janvier va bien se passer. Ensuite, je peux recommencer à neuf et rebâtir le PQ en 2012 pour devenir première ministre du Québec!

Ça cogne à la porte, c’est François Rebello.

REBELLO: Salut Pauline, est-ce que je peux te parler?

MAROIS: Bien sûr François! Entre! Je te souhaite du succès dans tes projets pour 2012!

REBELLO: Euh… oui… justement…parlant de mes projets…. j’ai décidé d’aller à la CAQ.

La face à Pauline Marois change, la nervosité la fait cligner d’un oeil.

REBELLO: En tout cas, bonne année 2012 à toi aussi…

Rebello s’en va. Marois, l’air dépitée, prend sa tasse de café.

Une petite chanson joyeuse. On entend le narrateur dire: Nescafé, ça commence bien le matin… comme dans cette annonce de Nescafé